Notre voyage en Patagonie à vélo, une expérience bouleversante.

Il y a un maintenant un peu plus d’un an, en février 2015, Viviane et moi avons entreprise un des plus beaux voyages de notre vie. Nous sommes partis pour un mois avec nos vélos en Argentine.

Je suppose que l’expérience fut tellement enrichissante et intense que je n’ai pas su comment la résumer ici sur ce blog.

Aujourd’hui encore, je serais incapable de dire comment cette expérience nous a changé. Ce fut pour moi une étape importante de notre vie et je pense que sans cela, nous ne serions pas forcément aujourd’hui en Australie.

Nous avons aussi compris que nous ne pourrions sans doute pas partir un an pour faire de tour du monde à vélo car cela demande trop de sacrifice de confort mais nous aurions également tellement aimé avoir plus de temps.

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Nous n’avions pas toujours ce confort là !

Nous aurions aimé ne pas avoir à se soucier de revenir à temps, prendre le temps de nous perdre. Quand on est autonome, il n’est pas important de savoir où l’on va dormir. On peut se laisser porter. On aurait aimé avoir plus de temps pour se laisser vraiment porter et expérimenter plus de choses, voir plus de paysages, prendre le temps de rencontrer des gens.

Nous avons été marqué par quelques rencontres et j’ai beaucoup regretté de ne pas parler espagnol. Quand une zone est vide et voit passer peu de voyageurs, les habitants ont envie de vous aider, de prendre du temps pour vous. Vous découvrez alors des mode de vie totalement différents, des aspirations différentes. Je regrette que nous n’ayons pas eu plus de temps pour cela.

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L’itinéraire

Nous voulions découvrir la Patagonie, notre voyage fut donc le suivant.  Nous sommes arrivés à Buenos Aires et avons décidé de tout de suite descendre pour le Sud de la Patagonie, à Puerto Natales au Chili. Nous avons commencé le voyage à pied pour découvrir le parc du Torres Del Paine.

Nous avons ensuite roulé de Puerto Natales au Chili à El Calafate. Nous avons découvert pendant une semaine le désert de Patagonie, le vide, le ripio (les pistes faites de terres sèches et de petites pierres), le vent très fort et le froid.

Nous avons ensuite pris un bus pour rejoindre San Carlos de Bariloche et là, nous avons traversé la région des lacs jusqu’à San Martin de Los Andes : des paysages époustouflants, la chaleur, le dénivelé, des campings magnifiques.

Si vous comptez partir dans cette zone, n’hésitez vraiment pas à nous demander des conseils, nous serons vraiment content de vous aider.

Si vous avez des questions sur le matériel, n’hésitez pas non plus. Vous trouverez d’ailleurs en fin de cet article une liste de notre matériel et quelques commentaires.

Pour plus de photos, les liens vers les itinéraires sur Strava, nous avions crée un blog, vous pouvez tout retrouver ici.

Voici quelques vidéos de notre périple :

1ère étape de Puerto Natales à El Calafate

De Purerto Natales à El Calafate – 1ère étape : départ de Puerto Natales from tristan nicolas on Vimeo.

2ème étape de Puerto Natales à El Calafate

De Purerto Natales à El Calafate – Deuxieme étape : retour en Argentine from tristan nicolas on Vimeo.

3ème étape de Puerto Natales à El Calafate

De Purerto Natales à El Calafate – Troisième étape : El ripio ! from tristan nicolas on Vimeo.

4ème étape de Puerto Natales à El Calafate

De Purerto Natales à El Calafate – dernière étape from tristan nicolas on Vimeo.

Résumé des étapes de Bariloche à San Martin de Los Andes

de Bariloche à San Martin de Los Andes from tristan nicolas on Vimeo.

 

Bilan du matériel emporté :

Vêtements :

Pour ce type de voyage, on recommande :

– Une polaire légère (type Polaire course à pied Kalenji), une grosse polaire (type Quecha Bionnassay 900)
– plusieurs shorts cyclistes
– un collant long de vélo pour le froid
– Un short
– Un pantalon short
– Un pantalon un peu plus épais pour le soir
– un coupe pluie pour le haut et pour le bas
– une doudoune
– sous pantalon thermique : idéale pour dormir et pour mettre sous un pantalon les jours de grand froid
– maillot de vélo fin : se lave le soir pour le lendemain les jours de chaleur
– tee-shirts en laine mérino : différentes épaisseurs pour différentes chaleurs. Cette matière est respirante, ne sent pas mauvais avec la transpiration, on ne peut que la conseiller.
– vestes de vélo : coupe-vent, un peu chaude

Notre erreur a été de prendre trop de vêtements chauds : quand il fait froid, on ne transpire pas vraiment et on ne change pas les couches supérieures (polaires), mais il faut quand même un change de vêtements très chauds (Viviane a souffert de ne pas avoir de grosses polaires très chaudes).

Bien sûr, on recommande le Gore-Tex autant que possible

Nous sommes tous les deux partis avec deux paires de chaussures (Viviane a pris ses grosses chaussures de marche car on avait déjà en tête de faire de la randonnée au parc Torres del Paine, mais deux paires de chaussures dont une imperméable nous semblait important, ceci pouvant être adapté en fonction de la destination en remplaçant une paire par des sandales). Des tongs pour la douche au camping sont également toujours utiles.

Couchage :

– Oreiller : 1 thermarest, 1 décathlon. On a tellement aimé le thermales qu’on en a acheté un autre.

– Sac de couchage Quechua : S0 Ultralight, Forclaz 500

– Matelas Quecha gonflable : léger et suffisamment confortable pour quelques semaines

– Matelas Thermarest Prolite Woman : très confortable même si un peu volumineux

– Couverture Quecha : on aurait pu ne pas la prendre, peu compressible et peu chaude. Du volume pour rien.

– Sac à viande : utile pour ne pas salir le sac de couchage quand on ne peut pas prendre de douche (pas vraiment pour le gain de température)

– Sur-sac de couchage : permet de gagner quelques degrés – ou de ne pas trop en perdre – quand il fait froid et cela a été indispensable au début du voyage

Vélos :

– 29’ Grand Canyon, modèle 2015 : tout d’origine

– 26’ Commencal Premier Pro, modèle 2010 : roue arrière changée avant le départ pour une Mavic Cross One.

– Pédales plates plastiques BLB

– Compteur Sigma Rox 10 : on recommande vivement, lire notre critique spécifique.

Notre erreur a été :

– de prendre trop de chambres à air : nous n’avons jamais crevé et nous transportions 5 chambres à air chacun (5 en 29’, 5 en 26’) : en plus d’être lourd, c’est très volumineux

– trop de matériel de réparation : on a pris de quoi quasiment tout réparer et nous n’avons pas de casses majeures (une seule casse : une patte de dérailleur pour Tristan, nous avions une de rechange chacun)

Portage des affaires :

Seul le vélo de Viviane (Grand Canyon 29’) était équipé de trous pour le porte bagage à l’arrière, nous avons donc cherché à maximiser les sacs qu’on pouvait prendre : sacs sans porte bagages Apidura (avant/arrière pour Tristan, avant pour Viviane), sacoches sur porte-bagages pour Viviane et remorque pour Tristan.

Nous avons choisi du matériel de bonne qualité et n’avons pas du tout été déçu.

-> Apidura
Grand sacoche avant + « Vide-poche »
Petit sacoche avant
Sacoche sous-selle

On recommande vivement cette marque, légère pratique et de très bonne qualité. Le vide-poche est vraiment pratique pour l’appareil photo et la caméra

-> 2 Sacoches Ortlieb 20L + porte bagage Tubus : n’ayant pas eu de pluie, on ne peut pas juger de l’étanchéité des sacoches mais elles semblent en tout cas très résistantes, même si le fait qu’elles tapent en permanence contre le porte bagages les a un peu abîmées à un endroit. Il nous faudra à l’avenir mettre du scotch électrique sur certaines parties du porte bagages pour éviter qu’il perce les sacoches (un peu regrettable que Tubus ne l’ait pas prévu)

-> Remorque Bob Ibex + sac 80L

Cette remorque est une merveille par sa robustesse et sa facilité d’utilisation. Vous posez ce que vous voulez dessus, quelques tendeurs pour attacher ce que vous voulez et vous êtes partis.

Cela encourage à prendre trop de choses et le poids est très vite un problème dans les montées.

Grace à l’alignement de la remorque derrière le vélo (une seule roue) et à sa suspension, la remorque a un bon comportement. Une fois qu’on roule, surtout sur la route, on la sent peu. Elle modifie cependant un peu le comportement du vélo et en descente sur les chemin, elle peut faire perdre de l’adhérence à l’avant du vélo en appuyant uniquement sur la roue arrière.

Elle rend également le vélo très peu manœuvrable une fois à pied. Il faut des bras solides pour la manipuler et ranger le vélo une fois arrêté.

-> Sac étanche 40L décathlon Tribord : 2 sacs, un sur la remorque attaché sur l’autre sac et l‘autre sur le porte bagage de Viviane au dessus.

Trés bons sacs. Ils ne sont pas très confortables pour marcher mais ils sont très solides et étanches, idéal pour avoir des sacs complémentaires sur le vélo.

-> Sac à dos 30L Deuter Alpine : très bon sac à dos, multi-usage car confortable à la fois pour le vélo et la marche et d’une contenance idéale. Il dispose d’une multitude de poches et est vraiment bien conçu. Seul petit bémol : la poche à eau empiète beaucoup sur le compartiment principal, un compartiment spécifique pour y mettre une poche à eau aurait donc rendu le sac parfait)

-> Evoc Freeride Trail 20L : bien pour le vélo, il s’est révélé trop petit et pas assez confortable pour la marche dans le parc Torres Del Paine. En vélo, il est confortable, pratique grace à ses multiples poches et il tient très bien sur le dos.

En générale, nous n’avons pas été gênés par les sacs à dos en vélos (pas de douleur au dos) et nous avons trouvé très pratique le fait d’avoir une poche à eau. Il ne faut cependant pas trop les charger.

Manger :

– une popote Quecha
– un réchaud à gaz
– deux verres pliables Sea-to-Summit
– couverts en plastiques résistants Sea-to-Summit
– « kitchen sink” Sea-to-Summit : évier portatif pliant de 10L
– bols encastrables GSI Outdoor
– savon multi-usage biologique
– couteau suisse (surtout pour les ciseaux, l’ouvre boite et la pince à épiler pour enlever les épines)

Boire :

On avait suffisamment d’eau pour les journées chaudes et nous n’avons pas eu la sensation d’en porter trop. Nous n’avons jamais roulé non plus très longtemps. Mais si on roule très longtemps, on trouve de toute façon comment les remplir.

– poches à eau Source 1,5L : chacun la sienne dans les sacs à dos, vraiment utile
– gourdes vélo : 3 gourdes 0,75L, une gourde 0,5L
– une poche à eau Platypus 1L : utile pour recharger la poche à eau dans le dos en cours de journée
– Une poche à eau de 10L Ortlieb: très utile pour le bivouac, pas besoin de demander à un habitant de recharger 10 gourdes, on remplit la poche à eau et cela nous donne de l’eau pour le repas, la nuit et le remplissage des gourdes.

Photo / vidéo :

– Caméra Sony prêté par le père de Tristan
– Appareil Photo Sony RX100 : on a beaucoup hésité à prendre le Reflex pour pouvoir prendre de belles photos, et finalement cet appareil s’est révélé largement suffisant, en plus d’être compact. Vu notre souci constant de ne pas prendre trop de volume ni de poids, un compact nous semble être le bon choix et la qualité des photos est vraiment impressionnante pour un appareil de cette taille.

Nous avions pris chacun une batterie sur USB pour charger ces appareils et le Macbook Air de Tristan pour faire les montages vidéos.

Divers :

– pince/couteau multifonction Gerber
– deux bâches : utile pour emballer les vélos pendant les transports en bus, mettre sous la tente et poser au sol pour avoir un espace propre au bivouac
– fil de fer : utile une fois pour attacher la bâche à une barrière pour nous protéger du vent
– petite ficelle
– corde fine de 10m : utile pour le linge

Trousse à pharmacie :

– médicaments
– purificateur d’eau aquatabs

Choses qu’on aurait aimé prendre :

– Isostar : Tristan a souffert de crampes quand il a commencé à faire chaud, surement par manque de sel. On a donc acheté des Gatorade mais il est plus difficile de transporter des boissons que de la poudre.

– sel : impossible à trouver en petites quantité

– des cartes topographiques pour connaitre les dénivelés

– un peu plus de bonnes barres de céréales : on trouve des barres sucrées de mauvaise qualité, que du sucre et peu d’autres éléments nutritifs.

– des petits sacs de rangements pour bien compartimenter : on avait quelques sacs Expad, on aurait aimé en avoir plus et des petits pour bien organiser les sacoches.

– livres / kindle (pour les longs trajets en bus)

– argent liquide : en Argentine, on peut changer de l’argent à un bien meilleur taux au marché noir. Il faut donc arriver avec beaucoup d’euros en liquide. Nous n’avions pas bien prévu cela car nous avons été bloqués par la limite hebdomadaire de retrait de nos cartes bancaires pour retirer beaucoup d’argent au dernier moment.

– plus de pinces à linges