Mes premiers tours de pistes au vélodrome Herne Hill

Il y a 8 jours, le forum LFGSS (London Fixed Gear Single Speed) organisait une journée au Vélodrome Herne Hill. Les courses avaient malheureusement dûes être annulées à cause de la pluie. J’avais attendu en vain une éclaircie et j’étais finalement rentrée chez moi frustré. J’y suis donc retourné ce week-end pour suivre un cours d’initiation à la course sur piste. Je peux vous dire une chose, je suis ravi de ne pas avoir couru en course et d’avoir eu cette initiation d’abord !

Track

La piste est un sport excitant, enivrant et effrayant. Effrayant car on roule vite, sans aucun frein et très proches des autres vélos. Excitant car justement on roule vite. Enivrant car on se prend vraiment au jeu de se rapprocher du vélo précédent et de maintenir cette vitesse constante pour le groupe.

Les règles du vélodrome

Le vélo de piste:

Tout d’abord, il faut un vélo conforme. Un vélo conforme est un vélo à pignon fixe sans aucun frein et avec un cintre de piste. Il ne faut pas non plus d’attaches « démonte rapides » et autres éléments qui pourraient se détacher ou casser en cas de crash… Il faut également que les pieds soient très bien attachés donc les vélo sont fournis avec des cales-pieds à ficelles.

Mon vélo n’étant pas conforme, j’ai pris un des vélo mis à disposition par le vélodrome. Le vélo est un Fuji Track classique. Le vélo, dispo à seulement 360£ chez Evan Cycle dans sa version 2013, était en très bon état et un vrai plaisir sur la piste.

Fuji Track classic

Toutes les autres caractéristiques du vélo de pistes sur le site du vélodrome.

La sécurité, regarder derrière soi

Même si ce n’est pas évident à première vue, une piste de vélodrome est séparée en trois lignes séparées, démarquées au sol par des lignes de peintures: une en bas de la piste, une au milieu, une en haut. Les plus lents restent en bas pour être sûr de pouvoir revenir dans la zone de sécurité facilement et venir s’écraser dans l’herbe en cas de gros problèmes.

La règle la plus importante est donc que dès que vous allez changer de ligne, vous regardez derrière vous si des cyclistes arrivent. L’initiation a donc commencé par ça: apprendre à rouler autour de la piste et bien regarder derrière soi avant de changer de ligne.

I am next! #fixedgear #track

les cyclistes roulent sur deux lignes distinctes, on voit la ligne bleue au sol signalant la ligne du milieu

Rouler en file indienne, regarder au loin

Quand les cyclistes tournent autour du vélodrome, ils forment une file indienne pour des raisons d’aérodynamique. L’objectif est donc de rouler le plus près possible du vélo que vous suivez. Rappelez vous qu’on a aucun frein et qu’on ne contrôle la vitesse qu’à l’aide du pédalage. Imaginez donc les appréhensions qu’on peut avoir!

Il faut pour cela avoir une vitesse constante et l’adapter parfaitement en cas de changement d’allure du groupe. Si vous freinez trop, cela se reportera sur le suivant et vous allez détruire l’unité du groupe. Le secret pour cela est de regarder loin devant soi, le long du corps de la personne que vous suivez pour anticiper les mouvements du groupe.

De même, si vous bougez votre guidon plus que nécessaire, vous allez mettre en danger le groupe et potentiellement faire chuter le suivant, il faut donc bien rester en ligne.

Track

Cela demande de ne pas regarder la roue du vélo devant et de pouvoir quand même le suivre de prêt. Si votre roue se retrouve par inadvertance à côté de celle de devant, c’est la chute assurée en cas de mouvement du vélo précédant. Cette vidéo le montre bien :

Il faut de plus très bien tenir son guidon car il semblerait que les chutes par l’avant comme cela sont en fait fréquentes.

Se relayer en tête

Rouler en file indienne permet de profiter de l’appel d’air du vélo précédent. Le seul problème est que le premier cycliste force bien plus que les autres. Il faut donc se relayer pour le replacer et c’est bien plus dur que ça en a l’air car il ne fait pas changer l’écart entre les vélos pendant ce temps.

Pendant notre exercice, on changeait de cycliste en tête deux fois par tour, c’est donc un mouvement constant et rapide. Il faut pour cela que le premier se décale en gardant une vitesse constante pour ne pas ralentir le précédent. Une fois bien écarté, il ralentit lentement pour descendre la file et ré-accélère en arrivant à la fin de la file pour se placer directement derrière la roue du dernier cycliste de la file.

Il faut également que le nouveau cycliste en tête ne change pas la vitesse en devenant premier même si son effort devient plus important du fait de la pression de l’air. En effet, s’il change de vitesse, il risque de creuser l’écart avec le suivant et de perturber tout le groupe.

Bien sûr, tout cela arrive alors qu’il y a plusieurs groupes sur la pistes, que vous allez vite et sans aucun frein.

Track

Un groupe bien dispersé

Mon initiation

L’initiation a consisté à comprendre tout ça. Le déroulé de l’initiation est le suivant :

On fait d’abord deux premiers tours de pistes juste pour se familiariser avec la piste et le pignon fixe, un premier tour en bas de la piste et un second au milieu de la piste. Ces premiers tours s’effectuent à faible vitesse en laissant un écart important entre les vélos.

Ma première grosse surprise a été l’inclinaison de la piste dans les virages et que le vélo tient parfaitement ! Les pneus adhérent parfaitement sur la piste mais je dois avouer ne pas avoir envie de tester sur une piste en bois ou sur une piste mouillée.

On a ensuite fait plusieurs tours de piste, les vélos plus rapprochés et en changeant plusieurs fois de file en passant à côté d’un des instructeurs resté sur la piste. On regarde bien derrière soi, on fait un mouvement de coude pour prévenir le suivant et on change de file.

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J’ai été ambitieux

Pour apprendre à rouler en groupe et se relayer en tête de file, on nous a demandé de nous mettre par groupe de vitesse: lent, normal et rapide ou comme ils le disaient « reaslistic, ambitious, cocky » (réalistes, ambitieux, prétentieux).

Je me suis mis dans le groupe « rapide » pour vraiment tester mes capacités et je n’ai pas été déçu. C’est donc là qu’on a appris à se relayer en tête, à rouler proche les uns des autres, à venir se coller en queue de file, etc..

Cela faisait une heure qu’on était sur la piste, les cuisses commençaient à chauffer. Je ne sais pas si j’aurais tenu bien plus longtemps à ce rythme.

Une très bonne ambiance et des très bons entraineurs, dans un vélodrome centenaire

Le vélodrome de Herne Hill a été construit en 1891 et a servi lors des Jeux Olympiques de 1948.

Image de la page Wikipédia, cliquez pour accéder à la fiche sur Wikipédia

L’encadrement semble constitué de passionnés, plus ou moins à la retraite et de sportifs de bons niveaux. Il étaient réellement très présents et chaleureux pendant cette initiation.

Sur la piste, il est obligatoire de crier pour se faire entendre mais c’est finalement plaisant d’avoir un entraineur qui enchaine les blagues hors de la piste et crie un peu une fois sur le vélo. Les phrases que j’ai entendu :

– « Green, close that gap » pour me dire de me rapprocher du vélo précédent (j’avais un tee-shirt vert).

– « Don’t kick out, keep the same speed » pour me dire de ne pas accélérer quand je me retrouvais premier de la file.

– « Green, don’t ease too soon » pour me dire de ne pas ralentir trop vite quand je me décalais de la tête de file pour laisser mon suivant prendre le relais.

– « Green, speed up now! » quand je descendais le long de la file après m’être fait relayer en tête et que j’approchais de la fin de la file et qu’il fallait que j’accélère pour me coller vite au dernier vélo de la ligne.

Si j’ai été ambitieux et ai choisi le groupe rapide, il y avait réellement tous les niveaux représentés lors de cette initiation. N’ayez aucune peur, le groupe lent semblait vraiment lent et on trouvait des retraités, des jeunes cyclistes (hommes et femmes) dont on voyait bien que c’était la première fois sur un pignon fixe, etc..

Une très bonne expérience

L’expérience était vraiment plaisante et j’ai vraiment envie d’y retourner, apprendre les différentes disciplines de la piste, les différents types de course. Les règles que l’on apprend sur la piste sont étonnement les mêmes que celle qu’on doit suivre sur la route : regarder au loin, ne pas croiser les roues avec un autre cycliste (ne pas rester dans l’angle mort d’une voiture), bien regarder derrière ça avant le moindre changement de direction, etc..

Un besoin de confiance, qu’on retrouve dans le vélo de tous les jours.

Le vélo sur piste est effrayant donc demande réellement de l’habitude avant de pouvoir être suffisamment à l’aise et accélérer. Je sentais bien que je ne faisais pas le malin dès qu’on atteignait des vitesses plus importantes, vitesse sans doute deux à trois fois inférieures à des vitesses de sportifs confirmés!

Cette sensation de confiance et de maîtrise est nécessaire avant de se sentir à l’aise, d’être sûr qu’on aura les bons réflexes et pouvoir réellement rouler et se focaliser uniquement sur les éléments importants. Je vous le conseille vraiment  à tous les cyclistes.

Initiation : 8£ au vélodrome de Herne Hill. Lien vers leur site Internet.

Voici la liste des vélodromes en France pour trouver celui près de chez vous.

PS : si quelqu’un qui passe par ici se rend compte que j’ai dit des bétises sur le vélo sur une piste, signalez le moi dans les commentaires, j’assume parfaitement mon statut de complet débutant.