Bruxelles mériterait-elle le clou rouillé ?

Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles pour suivre les affaires européennes, a publié hier sur son blog (et le jour précédent dans le journal) un article intitulé « Bruxelles, pas belle » dans lequel il explique pourquoi Bruxelles n’est pas une ville où il fait bon vivre.

J’ai visité Bruxelles plusieurs fois et j’avais été choqué par l’état de délabrement de certains quartiers et par sa relative désorganisation.

Extrait de son article :

Parallèle à la rue Belliard, la rue de la Loi, autoroute qui mène au centre-ville. Continuation de l’E40, elle surgit d’un tunnel. Même ramenée il y a quelques années de cinq à quatre voies, cette tranchée est impressionnante. Ces deux autoroutes – qualifiées «d’égouts à bagnoles» par Charles Picqué – qui encadrent le quartier européen ne sont pas les seules à Bruxelles. Même les Champs-Elysées locaux, l’avenue Louise, ont été transformés en une tranchée infranchissable : quatre voies et une succession de tunnels menant vers le bois de la Cambre et les quartiers Sud, une voie en contre-allée de part et d’autre (six voies en tout) et des trottoirs limités à leur plus simple expression. Parcourir Bruxelles, c’est parcourir l’Europe du tout-voiture des années 60. Toutes les villes européennes essayent de démolir ces aspirateurs à voitures, pas Bruxelles, ville la plus encombrée du monde occidental, loin devant Paris (en 6e position).

Ce qui m’a le plus intéressé est la tentative d’explication de cette situation : le partage des responsabilités, le fait que Bruxelles ne soit pas financé par ses impôts locaux (population pauvre ou d’expatriés) par des fonds fédéraux extérieurs, etc… car il me semble que c’est la questions la plus intéressante : quelles sont les conditions politiques nécessaires à l’émergence d’une politique d’urbanisme qui permettent de limiter la présence de la voiture et favorable aux pétions / vélos / transports en commun ?

Bruxelles permet de voir l’opposé de ces conditions nécessaires mais quelles seraient ces conditions ?

On se demande souvent comment favoriser le vélo mais rarement quel système politique permet l’émergence de telles politiques. La France semble aussi avoir sa propre complexité avec les différents échelons de responsabilité (ville, communautés de commune, département, région, ..). Je ne continuerai pas car je n’y connais absolument rien mais cela me semble un débat intéressant.

Par exemple, on pourrait se demander les particularités du système politique d’une ville comme Amsterdam.

Pour finir cet article, je tenais à vous montrer deux vidéos.

La première est une publicité sur Amsterdam, la ville où le cool est né. Et dans le cool, il y a du vélo.

La deuxième est un documentaire sur le vélo à Bruxelles réalisé par Sander Vandenbroucke  en interviewant divers acteurs locaux (coursiers à vélo, politiques, cyclistes, ..). Ce documentaire montre bien (et joliment) les problèmes de la ville:

Brussels Express from Sander Vandenbroucke on Vimeo.

Inutile de vous dire que je suis content de vivre à Londres.

Le clou rouillé est une « récompense » décernée à la ville la moins cyclable de France chaque année par la fédération des usagers de la bicyclette. Cette année, il a été décerné à Marseille.

PS : l’image à la Une de cet article est un extrait du documentaire de Sander Vandenbroucke.