Du single speed au fixie – part 2

La semaine dernière, je vous racontais comment j’étais passé sur un vélo à pignon fixe, un peu contre mon gré.

Le week-end dernier, j’ai décidé de tester mes capacités sur le vélo. Pour savoir si je devais ajouter un frein à l’arrière, je voulais réellement tester ce que j’étais ou non capable de faire avec ce vélo.

Avant d’entreprendre une vraie longue sortie, j’ai d’abord attendu d’avoir un vélo dont j’étais sûr des réglages. En effet, je n’avais pas réussi à bien monter la fourche et il m’a fallu plusieurs visites dans divers ateliers avant que quelqu’un arrive à régler le problème. Je tiens donc à remercier le très bon mécanicien de Cycle Surgery de Spitalfields Maket.

Une fois ces soucis réglés, j’ai donc décidé de faire ce que tout cycliste londonien fait quand il cherche une première expédition : il va à Brighton.

Let’s go to Brighton

Brighton est une ville sur la côte, célèbre pour son parc d’attraction sur une jetée sur la mer. Un lieu très touristique à 1h30 de Londres en voiture.

brighton

Pour les cyclistes, aller jusqu’à Brighton est une épreuve « classique », et je lisais dans un forum que c’était souvent la première étape avant de tenter Londres-Paris. On verra…

Google prévoyait 100km (tout pile) pour 6h30, j’aurais mis 8h (sans doute 7h sur le vélo, 1h de pause) et je me suis beaucoup perdu. Je me suis d’ailleurs arrêté déjeuner dans un fast-food après m’être perdu, j’ai fait 30 minutes de vélo pour revenir en arrière après avoir pris une mauvaise route (sur le côté d’une autoroute), comme ça m’avait un peu fatigué, je me suis arrêté pour repartir plus « content ».

Le trajet à moitié en zone urbaine, à moitié à la campagne. Se perdre en ville est pas très grave, on se retrouve vite, mais à la campagne, on peut aller vite trop loin. Du coup, à force de m’arrêter toutes les 10 minutes pour regarder Google maps, ma batterie est morte en arrivant à Brighton. Je n’ai donc qu’une photo sur place, et elle est malheureusement raté (en fin d’article).

Long en vélo, difficile en fixie

Le parcours n’est vraiment pas adapté au single speed et encore moins au fixie, car cela ne fait que monter et descendre. Pour les descentes, j’ai vite adapté une technique qui consiste à mettre les pieds au milieu du cadre et de laisser les pédales tourner dans le vide. On a moins d’équilibre mais ça reste plus facile que de tourner les pédales. Mais cela n’est possible que pour les descentes sur des grandes routes où il y a peu besoin de tourner, ce qui n’a pas du tout été le cas.

Google n’a pas encore pris en compte les derniers travaux donc la route qu’il indiquait n’existe plus et a été absorbé dans un autoroute. Y’a un normalement un chemin spécial vélo mais il disparaissait souvent sous les travaux donc j’ai dû prendre d’énormes détours pour trouver des petites routes. Ces petites routes étaient bien plus abruptes et défoncées (la route indiquée par Google et finalement absorbée par l’autoroute découpait la montagne).

J’ai croisé d’autres cyclistes, on était finalement nombreux à faire Londres-Brighton ce jour-là (grand soleil). Les mecs sur des vélos de courses classiques allaient tellement plus vite que moi ! Je les enviais sérieusement. J’ai croisé un autre mec, Scott, sur un fixie (un très, très jolie fixie, j’ai reconnu toutes les pièces car ce sont celles dont je rêve, sa fourche seule coûte plus cher que tout mon vélo…), on a fini ensemble. Il était sans frein (contrôle de la vitesse avec les pédales) donc les descentes sont encore plus dures pour lui.

Scott

Scott est de Brixton, c’est un quartier du sud de Londres, un peu pauvre et  devenant très « bobo ». Scott est un vrai « fixie rider », short de jean noir, tee-shirt noir, casquette noire, tatouée de partout, petites Vans déchirées aux pieds (mais je lui ai demandé, il avait aussi un short de cyclistes sous son short, comme moi). Il m’a dit qu’il s’est réveillé avec une gueule de bois, a voulu commencer à rouler comme ça et puis au bout d’un moment, il s’est dit « bon, autant aller jusqu’à Brighton maintenant ».

Scott a donc le cool en lui, alors que j’étais en train d’essayer d’accomplir un exploit, il se remettait d’une gueule de bois.

J’ai regretté de ne pas avoir de compteur, mais j’ai forcément fait plus de 100km (100km était le chemin en ligne droite de Google) et regretté surtout de ne pas compter la dénivelé car je pense sérieusement qu’en regroupant tout, j’ai fait un petit col des Alpes ! Évidemment, j’ai pris le train pour revenir, je me suis endormi tout de suite et mes jambes m’ont brulé toute la nuit (et j’ai jamais été aussi desséché, je me réveillais tout le temps pour boire un litre d’eau à chaque fois).

Verdict ?On fait quoi maintenant ?

Verdict, je peux aller à Brighton en fixie et je suis très à l’aise sur un pignon fixe, même en longue distance. J’en suis maintenant sûr, je ne mettrai pas de frein arrière.

Ça me donne encore plus l’envie de me mettre à la route et peut-être avec un autre vélo, celui-là est génial pour la ville mais vraiment pas adapté au relief.

J’ai envie d’aller plus loin mais le vrai ennui est le poids. Au bout de 7h sur la selle, le sac fait mal, même vide (il n’y avait que le matériel de réparation et de l’eau) donc comment transporter l’ordinateur ou n’importe quoi d’autre.

J’en parlais avec Scott sur le chemin (qui planifie de partir à Amsterdam en vélo et avait déjà pas mal roulé en fixie en Angleterre) et il me disait qu’il faut apprendre à voyager extrêmement léger, pas le choix.

Ma photo à l’arrivée :

Brighton

 

Mais voilà comment était mon arrivée, allongé sur la plage (cliquez sur la photo pour voir l’original et son propriétaire).

Brighton

 

Si vous avez envie de faire cette balade, n’hésitez pas à demander des conseils / détails, je serais content de vous aider.

Dans la part – 3 de cet article, je vous explique un peu le quotidien d’un fixie. Vous pouvez le trouver ici.

Le premier article avec l‘ensemble des composants est ici.

Voici la liste des articles relatifs au fixie.

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  • UnFrancaisàLondres

    Courageux d’aller jusqu’à Brighton en fixie; effectivement les routes ne sont pas très cycling friendly en général dans le pays. Lorsque j’ai fait Londres-Paris (en road bike) ma 1ère journée Londres-Newhaven (à côté de Brighton, c’est la même route) a été un cauchemar. Bref, belle perf!

    • http://tristannicolas.com Tristan

      Merci :) Très cool Londres-Paris, c’est un de mes prochains projets et je dois avouer que j’hésite à faire ça sur un pignon fixe..

      Je vais essayer d’aller à Cambridge ce week-end pour rouler un peu, il parait que c’est tout plat :)

      • UnFrancaisàLondres

        il faut qu’on aille rouler tranquille un de ces jours. J’ai relaté mes « aventures » de mon trip solo London to Paris, n’hésites pas à y jeter un coup d’oeil. Si tu veux le faire en fixie, je te conseille de le faire par l’Avenue Verte tout le long du côté français. http://riding2paris.wordpress.com/

        • http://tristannicolas.com Tristan

          Avec très grand plaisir pour aller rouler!

          Et merci pour le lien et le conseil, j’aime beaucoup ce genre de récit.

          • http://sammydeveille.com Sammy Deveille

            Tenez moi au jus, ca me dirait bien de me joindre a vous !

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