Londres, la ville du vélo ? Pas vraiment ou pas encore..

Je voulais commencer cet article par une statistique qui aurait montré qu’à Londres, le vélo était un mode de transport commun. Mais en fait, à Londres en 2009, seulement 2% des trajets se faisaient à vélo (d’après une statistique de la marie de Londres). Et pourtant, certains soirs en sortant du bureau, quand je suis en file indienne avec d’autres vélo, j’ai l’impression que toute la ville rentre chez elle sur son vélo.

Alors, à Londres, le vélo, un vrai mode de transport ?

Critical Mass London

Métro plus cher et moins pratique

Si Londres n’est pas forcément la ville du vélo, elle aurait de quoi l’être. Pour un parisien habitué à son métro, « l’offre » de transport en commun à Londres est bien maigre.

Les stations de métro sont beaucoup plus éloignées entre elles et les lignes moins nombreuses. Il faut donc beaucoup plus marcher pour trouver une station de métro.  Comme les lignes sont moins nombreuses, les trajets demandent des changements, ne sont pas en ligne droite et prennent finalement plus de temps. Une des principales raisons à cela est que Paris a une population bien plus concentré que Londres (5 200 hab/km2 à Londres contre 20 700 pour Paris, d’après wikipédia), ainsi, il peut y avoir autant de métro par habitant mais tout est beaucoup plus espacé*. Les loyers étant également plus élevés qu’à Paris, les gens ont tendance à s’éloigner du centre.

Cyclist, Taxi, Bus

Mais la raison semble surtout financière. Si à Paris, le pass navigo pour les zones 1-2 est à 65 euros et financé en partie par l’employeur, l’abonnement pour les zones 1-2 est ici à 110£, soit environ 125 euros. Le vélo est donc un vrai moyen de faire des économies.

Ne me demandez pas pourquoi je ne parle pas du bus, je n’ai jamais aimé ça (pas fiable ?) et je sais qu’on est nombreux à ne même pas imaginer prendre autre chose que le métro.

Hackney, le quartier du vélo

L’office national des statistiques anglaises a publié le 30 janvier les statistiques sur les modes de transport emprunté par les londoniens pour aller au travail. Si 4,3% des londoniens utilisent aujourd’hui leur vélo pour aller au travail, cette statistique varie en fait beaucoup en fonction des quartiers.

À Hackney (quartier au Nord Est  de Londres), 15% des gens vont travailler en vélo contre 12% en voiture. À Westminster (quartier plus central, au centre sud-ouest), 11,2% vont en voiture contre 5,3% en vélo mais en moyenne dans les quartiers de l’Inner London (équivalent aux 20 arrondissements de Paris), 15,5% des gens vont au travail en voiture et    7,2% en vélo. Mon impression sur Londres est donc faussée comme je traverse Hackney matin et soir pour aller au travail.

Ceci a été résumé dans un schéma :

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(Hackney est le quartier le plus vert de la carte, source)

La carte est une carte du Greater London (équivalent de l’Île de France) et on se rend compte aussi que les vélos et les transports en commun ne sont utilisé que par ceux qui habitent dans le centre (Inner London).

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Selon Danny Williams, blogueur sur Cyclist in the City qui signe une tribune dans The Evening Standard, la proportion de vélo à Hackney est liée à la politique du quartier de privilégier largement le vélo à la voiture. Conséquence de cette politique, les cyclistes ne sont pas des pro du vélo en lycra mais des gens comme tout le monde, en habit de tous les jours et qui se déplacent en vélo pour leur vie de tous les jours. Ce sont ces cyclistes que je vois le plus et qui ont construit ma vision du vélo à Londres.

Quel vélo ?

Ainsi les cyclistes que j’ai vu possèdent en très grande partie leur vélo et on trouve donc de tout sur la route, de tout âges, avec des vélos de tous les états : des VTTs en mauvais états, des vélo hollandais, et beaucoup de single speed (peu en fixie). Ceci explique aussi que le nombre de magasins de vélo et petits garages où faire réparer son vélo soit bien plus importants qu’à Paris : de la chaîne comme Cycle Surgery au magasin un peu mythique comme BricklaneBikes où vous pourrez croiser les vrais hipsters barbus sur leur fixie.

Si vous avez un pneu dégonflé, vous trouverez devant tous les magasins de vélo une pompe en libre service, c’est vraiment très pratique.

Brick-Lane-Bikes

Bien sûr, Londres possède sa propre version du vélib, ici les « Barclays Cycle Hire » surnommés Boris Bikes du nom du maire de Londres Boris Johnson. Le maire a d’ailleurs fait du vélo une de ses priorités.

Un mouvement pour un vélo plus sûr

Londres n’est pas encore la ville du vélo. Si on compare à d’autres villes comme Copenhague, où 36% des trajets se feraient en vélo, on est très loin du compte mais j’ai l’impression que c’est en train d’évoluer.

Pour que cela évolue, il faut aussi que le vélo devienne un moyen de transport beaucoup plus sûr.

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C’est l’objectif que s’est fixé London Cycling Campaign, une association qui fait de la sensibilisation du public et du lobbying auprès des élus pour améliorer la sécurité des cyclistes. Je ne sais plus comment j’ai connu cette association mais j’ai l’impression qu’elle est très active car je n’ai pas eu à faire de recherches pour la trouver. Sa dernière campagne est sur les accidents entre les camions (lorry en anglais britanniques) et les vélos.

Voici la vidéo :


Et un visuel de la campagne de sensibilisation (voir l’ensemble des conseils ici) :

vélo camion danger

Je vous invite par ailleurs à aller signer cette pétition en ligne pour qu’il soit ajouté au permis anglais un chapitre sur la prise en compte des vélos (la pétition a été lancée par Mike Higgins dont vous pouvez lire les motivations ici).

Dernier exemple du fait que le vélo avance à Londres et plus largement en Grande Bretagne, un groupe a été formé à la chambre des communes avec pour objectif la promotion du vélo. Site du groupe et référence sur le site de la chambre des communes.

C’était le premier aperçu du vélo à Londres, il me reste énormément de choses que je pourrais vous dire. Je garde cela pour la suite.

* : j’ai un peu creusé la comparaison des transports en commun entre Paris et Londres grâce à une étude de l’institut d’aménagement et d’urbanisme d’Îles de France, il faut en fait différencier la situation entre Paris et sa banlieue. Londres est moins dense que Paris, c’est donc comme si on intégrait la proche banlieue à Paris. Et là, la comparaison est totalement différente, car si les parisiens sont plus chanceux que les londoniens, cela s’inverse tout de suite pour la banlieue où là, la situation est finalement meilleure pour les londoniens.

  • haroldpognonec

    Ah zut, il faut être résident UK pour signer la pétition !