Plan vélo à Paris : quelle importance si les aménagements ne sont pas respectés ?

Cette semaine était annoncé le « plan vélo » par Anne Hidalgo pour encourager l’usage du vélo à Paris. Évidemment, nous accueillons avec enthousiasme toute initiative pour encourager l’usage du vélo à Paris. Alors que Paris souffre de plus en plus de la pollution, on ne peut que souhaiter que la part des transports réalisés à vélo augmente. Pourtant, une chose nous a beaucoup choqué dans une interview du délégué au transport de la Marie de Paris, publié dans le Monde suite à l’annonce.

Trois axes principaux pour le plan vélo

1. Des nouvelles pistes cyclables, autoroutes du vélo

2. La généralisation des zones 30

3. De nouvelles places de parking pour vélo dont des places en box fermé

1. Les trois axes nous semblent très intéressants. Les pistes cyclables hors des routes sont une très bonne idée si elles sont bien réalisées. A Londres, les Cycle SuperHighway qui permettent de passer facilement d’un quartier à un autre sont un bon modèle, on espère que la Mairie de Paris saura s’en inspirer.

A l’inverse, les pistes cyclables comme celles du boulevard Magenta ou sur les boulevards des maréchaux, mal signalées au sol sont inefficaces et dangereuses car les piétons ne se rendent pas compte qu’ils marchent sur une piste cyclable. De plus, devoir monter et descendre du trottoir est désagréable et très glissant quand il pleut..

Cycle SuperHighway à Londres

Cycle SuperHighway à Londres

2. Yann et moi (Erwan habite à Rennes) ne sommes pas gênés par la vitesse des voitures mais nous ne sommes pas du tout le bon exemple de la personne sur son vélo. Nous roulons sur des vélos performants, nous sommes en forme physiquement et aimons jouer avec le traffic.

Si on veut qu’une personne non sportive puissent aller au travail en vélo, il faut créer des conditions où elle se sentira en sécurité. Abaisser la vitesse à 30 km/h participera largement à créer ces conditions.

3. Les box fermés sont la mesure que j’attendais personnellement le plus. Le vol de vélo est un vrai problème à Paris et je ne prends aujourd’hui mon vélo que si je sais que je pourrais le ranger dans un endroit fermé à l’arrivée : il est dans mon bureau, dans notre appartement et j’ai même pu le ranger récemment dans l’ambassade d’Angleterre !

Pouvoir enfin aller en vélo au cinéma sans avoir peu de se faire voler son vélo peut paraitre trivial mais cela aura son importance.

Cela ne sert à rien si les infrastructures pour vélo ne sont pas respectés

C’est là que nous sommes choqués. Les limitations de vitesse, les pistes cyclables, tout ça est très bien si c’est respecté. Les pistes cyclables existantes ne le sont pas, les voitures s’y garent très fréquemment et les scooters s’en servent dès que le traffic est chargé.

Les zones 30 ne le sont pas plus, j’ai un compteur sur mon vélo et je vois très fréquemment des voitures me doubler alors que je suis déjà à 30 km/h. Les SAS vélo quant à eux ne sont absolument jamais respectés…

De manière générale, le respect du code de la route à Paris est un vrai problème (par tous les usagers de la route) et c’est ce qui m’a le plus marqué quand je suis arrivé à Londres et en Californie : les automobilistes respectent le code de la route et la police verbalise les différents écarts. A l’inverse, en France, respecter le code de la route n’est pas commun et surtout, la police verbalisant très peu, on ne risque pas grand chose. Pire, on trouve très fréquemment des voitures de police garées sur les pistes cyclables et dans les les SAS vélo.

Un point qui m’a par exemple marqué à l’étranger est le comportement des automobilistes dans un traffic chargé : ils ne traversent pas la route s’ils ont le risque de rester coincé au milieu. La circulation est donc fluide et aucune chance de devoir contourner une voiture en se mettant en danger quand le feu passe au vert.

Un non-respect accepté par la police

Le non respect est un problème mais ce qui nous semble bien plus problématique est que la police ne semble pas du tout s’y intéresser. Ceci est confirmé lors de l’interview de Christophe Najdovski, adjoint en charge des transports de la Mairie de Paris dans cet article du Monde.

M. Najdovski espère par ailleurs convaincre les forces de l’ordre de verbaliser les véhicules motorisés garés sur les aménagements cyclables ou ne respectant pas les « sas », ces espaces matérialisés juste derrière les feux rouges. « J’ai entamé des discussions avec la Préfecture de police », assure-t-il.

Il y a ici un vrai problème. Pourquoi le police ne verbalise pas le non-respect des aménagements cyclables ? Ne serait-ce pas une première étape ?

Ce qui nous a vraiment choqué, c’est l’aveu. Oui, à Paris, on peut ne pas respecter les aménagements cyclables, la police ne fait rien. La Mairie doit « négocier » pour que la police fasse respecter les aménagements qu’elle a créés. Ils entament aujourd’hui des discussions… On en a donc pas vu la fin.

En Argentine où les aménagements routiers sont moins avancés que les nôtres, le nombre de vélos sur la route bien plus faible, nous avons été amusés de voir à certains endroits des panneaux pour encourager les automobilistes à respecter les gens sur les vélos et à leur laisser plus d’espace. Faudrait-il une campagne similaire à Paris ?

Plutôt que de demander à la police de verbaliser, il faudrait plutôt se demander comment on peut encourager chaque usager à respecter les aménagements conçus spécifiquement pour les autres.

Pour aller plus loin sur le plan vélo, toutes les informations dans cette collection sur Pearltrees :

Plan vélo à Paris, par tristan