Du single speed au fixie – part 3

Dans cet article, je vais aussi passer en revue quelques idées sur mon passage du single speed au fixie, vous aider à voir ce que cela veut dire, et pourquoi pas vous aider à sauter le pas vous-même.

C’est dangereux ? C’est difficile ?

Quand j’ai acheté mes roues en décembre, j’ai acheté une roue flip-flop. J’avais donc le choix entre mettre la roue en pignon fixe ou en roue libre. Je l’ai naturellement mis en roue libre, je n’avais jamais fait de fixie et je pensais honnêtement que c’était trop dur, et que ce serait donc dangereux. Faire du vélo en ville est déjà dangereux, pourquoi s’ajouter des difficultés.

Puis, comme je vous l’ai raconté là, j’ai construit un fixie parce que je ne voulais pas m’embêter au montage et j’ai eu le temps de le tester sur longue distance.

Conclusion:

Il faut un peu réapprendre à faire du vélo mais je maîtrise maintenant aussi bien mon fixie qu’un single speed.

Look mum, no hands

Donc comment tu fais pour freiner ?

J’utilise mon frein dans trois situations:

– quand je suis fatigué

– dans l’urgence

– quand j’ai un doute sur les deux premiers

Sinon, je skid.

Le Skid consiste à bloquer ses pieds et balancer son poids sur l’avant du vélo pour bloquer la roue arrière et déraper. Cette vidéo explique très bien en quoi ça consiste et comment on le fait.

Comme il l’explique dans la vidéo, c’est plus simple avec un bullhorn, ce qui a donc été mon choix et une fois qu’on a compris la technique, c’est en réalité assez simple. 

Je maîtrise maintenant plutôt bien et je n’ai jamais fait de chutes. J’ai été très progressif, ne le faisant au début qu’à faible vitesse et dans un parc, puis, j’ai progressivement augmenté la vitesse. Aujourd’hui, si je n’ai pas de pétions qui passent par surprise devant moi, je peux traverser Londres sans toucher mon frein.

On se rend très vite compte de l’importance de la position, car en cas de mauvaise position, on force sur les genoux et certains tendons de la cuisse. On n’arrive donc pas à bloquer, les pieds repartent, on n’a pas freiné et il peut être trop tard pour utiliser le frein (pas au même endroit sur le guidon). Donc ça ne rigole pas non plus.

Par contre, cette position est quand plus difficile à prendre qu’actionner un frein et demande bien une demi-seconde, donc en cas d’urgence, de fatigue, ou de doutes sur l’un des deux, j’utilise le frein.

On voit que même chez des pros, ce n’est pas forcément facile à haute vitesse de freiner jusqu’au bout sans reprendre le pédalage.

Après, si vous maitrisez suffisamment, on peut tout imaginer

Quelles sensations ?

Il y a une étrange sensation de liberté sur un fixie. Il est très léger, accélère vite, étroit donc on se faufile bien partout.

Il y a aussi cette impression de réellement faire corps avec le vélo. Les pieds bien coincés dans les straps, les jambes qui pédalent en permanence comme si elles étaient la continuité de la chaine. Le vélo fait partie de nous.

Ensuite, le fait de pédaler en permanence renforce l’équilibre et oblige aussi à avoir une vitesse bien plus constante et donc à mieux réfléchir à ses trajectoires.

Enfin, le skid est très fun. On sent le vélo glisser, il y a un plaisir dans la maîtrise.

Je ne voulais pas être un hipster

Un jour, comme souvent, je suis un peu perdu, je m’arrête pour regarder Google Maps. Là, un touriste français s’exclame avec son groupe :

« oh, regardez, ça, c’est un vélo de coursier ».

J’étais donc devenu une partie de la culture de Londres pour touristes, ces coursiers un peu fous qui parcourent la ville…

J’étais surtout devenu un vrai fakenger, ces cyclistes qui ressemblent à des coursiers à vélo (même type de vélo, même sac, etc..) sans être des coursiers. Je ne pense pas que les fakengers cherchent à ressembler aux coursiers mais leur accoutrement est le plus pratique sur un vélo, voilà tout.

En vérité, devenir un hipster aux yeux de mon entourage m’énervait plus que l’inverse (le mot n’est quand même pas très bien connoté).

My fixed gear

L’impression de faire partie d’une communauté

Par contre, je discute bien plus avec d’autres cyclistes depuis que j’ai changé de vélo. A Londres, la proportion de fixie par rapport au nombre de vélo n’est finalement pas énorme donc on peut avoir cette impression d’appartenir à une communauté plus restreinte.

Il n’est pas rare que j’ai des courtes conversations à un feu. Ma rencontre avec Scott, racontée dans l’épisode précédent, en est un bon exemple.

Vous pouvez retrouver les deux premiers épisodes sur ma prise en main d’un vélo sur pignon fixe. Épisode deuxépisode un.

Voici la liste des articles relatifs au fixie.